Le taxi-moto dans la nuit à Cotonou

Zémidjan La nuit

Plus connus sous le nom de “zémidjan“, les conducteurs de taxis-motos sont présents, de jour comme de nuit, dans la ville de Cotonou. Cette activité, si elle nourrit son homme, n’est pas dépourvue de dangers, en particulier dans la nuit. Récit d’un constat nocturne à Avotrou, le mardi 12 août 2014.

Quartier d’Avotrou à Akpakpa. La circulation est très fluide à 23 heures. On remarque pourtant une nette présence d’hommes en jaune comparés aux civils. Qui sont-ils ? Pourquoi roulent-ils à ces heures tardives ? Ce sont les conducteurs de taxi à deux roues. Rodrigue, conducteur de taxi-moto depuis deux (2) ans, explique : « je suis menuisier de formation, mais le manque de clients ces derniers temps m’ont amené à conduire zémidjan pour subvenir aux besoins de ma famille ». Célestin le rejoint en ajoutant : « j’ai mon Bac + 5 en lettres Modernes, mais je n’ai pas le choix. C’était ma seule alternative, car je ne voulais pas voler ».
De ces deux témoignages, on retient donc que le manque d’emplois ou d’activités est la base de l’engouement que manifestent bien des gens pour cette “profession“. Mais les conditions de travail en pleine journée et celles de la nuit diffèrent en de nombreux points.
Pour Épiphane, un vétéran, dix (10) ans déjà à son actif, « il faut tenir compte du climat, par exemple, le vent. En ces temps-ci, tu dois être bien couvert en sortant de chez toi, sinon, il te sera impossible d’assurer le service trois jours d’affilée ». Et de poursuivre : « il faut tenir compte de la sécurité. Pour ma part, j’ai mon petit canif dissimulé sous mon phare ». Rodrigue est de son avis : « la nuit, tu dois faire attention aux clients que tu prends, parce que tout ce qu’on voit la nuit, n’est pas “vivant“. Mais il est difficile de savoir à moins d’être “préparé“, puisque que tu ne peux pas demander au client s’il est vivant ou pas avant de le prendre ».
Ils sont tous d’accord que le travail qu’ils font, en dehors de ces risques déjà connus, est dangereux la nuit. Néanmoins, Rodrigue s’y plaît : «moi je préfère le travail de nuit. Pour commencer, c’est calme et la circulation est moins dense. Par ailleurs, il y a moins de tracasseries policières ». Ces collègues interrogés, sont aussi de son avis.
Les zémidjans, comme on se plaît à les appeler, font partie intégrante de la vie sociale et économique. Cette activité constitue la solution au chômage de nombreux jeunes. La mairie leur octroie déjà les numéros sur leur maillot. Mais pourquoi ne pas démarrer en même temps une formalisation du secteur? Ils sont après tout, des citoyens et c’est le devoir de l’Etat de les protéger face aux potentiels risques. Il faudrait donc que les autorités à divers niveaux prennent leurs responsabilités et se concertent afin que le bout du tunnel se dessine pour ces conducteurs de taxi-moto.

Auteur : Fresnel Djanta (Quotidien le Matinal)

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