Du gasoil dans la mer à Cotonou

Depuis hier mercredi 23 juillet 2014, le navire ‘’Alpine Queen’’ qui a échoué sur les côtes béninoises, il y a quelques jours, déverse son contenu dans la mer. Il s’agit de l’hydrocarbure (gasoil) qui coule dans l’océan Atlantique, sous les regards impuissants des autorités compétentes.

Navire ‘’Alpine Queen’’ qui a échoué sur les côtes béninoises

Navire ‘’Alpine Queen’’ qui a échoué sur les côtes béninoises

La situation s’aggrave à la plage d’Akpakpa. Le navire ‘’Alpine Queen’’ semble ne plus supporter la lenteur des autorités béninoises. En difficulté depuis le jeudi dernier, ce navire d’origine nigérian a commencé par se vider de son contenu. Le gasoil qu’il transportait s’échappe et se confond à l’eau de mer. Aucune idée encore de la quantité qui va dans la mer. Selon les témoignages, tout a commencé dans la nuit du mardi au mercredi dernier quand les opérations de pompage s’essayaient. Deux équipes sont à pied d’œuvre pour sauver et évacuer le reste du contenu. Il s’agit de la Société nationale pour la commercialisation des produits pétroliers (Sonacop) et une autre société sollicitée depuis le Nigeria. Rien n’a pu être fait jusqu’à hier soir, pour arrêter l’échappement du gasoil dans la mer, au moment où nous quittions les lieux. Les opérations d’évacuation démarrées hier seulement, aux environs de 14 heures, vont durer au moins 72 heures, selon les déclarations de Samuel Batcho, Directeur Général du Port Autonome de Cotonou. Une quinzaine de camions-citernes est mobilisée pour une centaine de rotation. La police nationale est sollicitée, également pour assurer la circulation facile de ces camions de la plage jusqu’au niveau des fûts de la Sonacop pour le déversement. Les sapeurs pompiers sont sur-place pour veiller au grain. Quand à la marine, ses éléments aident à accéder au navire. La brigade spéciale du port autonome de Cotonou assure la sécurité et la coordination des opérations, sur instruction du juge du deuxième cabinet du tribunal de première instance de Cotonou.
Mais la crainte est grande, car le navire se penche du côté de la haute mer alors qu’il laisse le liquide s’échapper de l’autre côté du Littoral. Les opérations de pompage se font du côté de la mer pour éviter le pire. Les populations environnantes sont en difficulté ; car elles inhalent depuis hier l’odeur du gasoil que dégage la mer. Et dans cette affaire, les animaux aquatiques vont en souffrir. Aucune possibilité pour éviter la marée noire car, d’après les explications du directeur général du Port, le dispositif dont dispose sa structure pour un éventuel barrage ne mesure que 300 mètres alors qu’il en faut 600 mètres pour sauver la mer.

Les erreurs et pertes du Bénin

Dans ce dossier, le Bénin, au départ n’était qu’un simple médiateur. Mais avec la nouvelle allure que prend l’affaire, il risque d’être le plus grand perdant. Il y a eu de retard dans les prises de décision et le risque de payer des dommages est grand. Et pour cause. Pour rappel, le navire contient 3500 tonnes, soit 3 millions 500 litres. Il est nigérian et aurait pompé du gasoil ghanéen de façon frauduleuse. Il se serait annoncé, selon les autorités portuaires, pour décharger sa cargaison à Cotonou et était déjà en rade. C’est ainsi que le Ghana a alerté le Bénin pour signaler que le contenu de ce navire a été volé. La justice béninoise saisie, a mis la main sur le navire et sa cargaison. Depuis la panne du jeudi dernier qui a conduit Alpine Queen à Akpakpa, tout le monde tournait pour décider de l’action à mener. Au lieu de prendre des dispositions très tôt pour vider le bateau, les autorités béninoises ont préféré joindre le présumé propriétaire afin qu’il vienne les aider à évacuer le gasoil. Celui-ci a posé ses conditions. Selon les informations reçues hier sur les lieux, l’intéressé a dit qu’il est prêt à mettre les moyens pour sauver ce carburant si la justice béninoise l’autorisait à partir avec définitivement. Le juge se serait opposé à sa proposition. Ordre a été donné pour vider en début du week-end dernier mais les moyens manquaient. Les conducteurs rencontrés sur les lieux ont dit avoir été mobilisés depuis samedi pour évacuer le gasoil ; mais qu’ils sont restés à la plage pendant quatre jours sans voir leur camion chargé. Il a fallu que le liquide commence par s’échapper pour que cinq ministres du gouvernement soient dépêchés pour aller constater et prendre les mesures idoines. Devant le fait accompli, Martine Dossa de l’Economie maritime, Raphaël Edou de l’Environnement, François Houessou de la Sécurité publique, Martial Sounton du Travail et Naomie Azaria de l’Industrie, n’ont pu rien que de voir et mieux comprendre. La vidange va durer trois jours avec des pertes énormes. Une question vient à l’esprit : à l’issue du jugement, qui sera désigné responsable du manque à gagner créé par l’échappement du gasoil dans la mer ? Le futur propriétaire acceptera-t-il prendre une cargaison incomplète ? Les moyens mis pour sauver et évacuer le reste du carburant seront à la charge du Bénin ou des protagonistes ? En cas d’écroulement du navire, le propriétaire n’intentera-t-il pas un procès contre le Bénin qui n’a pas su maintenir dans de bonnes conditions, un navire aux mains de la justice ? Nous y reviendrons.

Source : Félicien Fangnon (Journal Le Matinal)

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